Monaco Modern Art
Monaco Modern Art

Expositions                                                                          

                                                                                                                        

    

Philippe Pastor, Manuella Ferré, Stefano Bombardieri

                           Regards

             du 5 décembre au 10 mars 2008

             Vernissage le jeudi 17 janvier 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Femme en Noir, 2007, Pastor

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des Exercices de technique japonaise, 2007, Stefano Bombardieri

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Safya, 2007, Manuella Ferré 

 

La galerie Monaco Modern Art présente l'exposition REGARDS avec Philippe PASTOR, Manuella Ferré et Stefano Bombardieri qui chacun, à travers différents supports artistiques,  exprime son « regard »  sur un fait de société. Sculptures, peintures et installation, un grand mélange d’outils et de mediums artistiques pour que chacun puisse apprécier l’hétéroclisme de l’art contemporain et aussi s’interroger sur les thèmes abordés. Ici, l’art ne sert ni à complaire ni à donner des réponses mais, au contraire, sert à se poser des questions, à secouer et à imposer des réflexions.

Philippe PASTOR, artiste autodidacte prolifique qui travaille différentes techniques raconte en série dramatique les emblèmes d’une existence quotidienne dont l’inspiration vient de « …la rue, les gens, le malheur, le désespoir, la beauté, les problèmes de communication, tout ce qu’on n’arrive pas à dire à voix haute et qu’on pense tellement fort à voix basse… »

Les tableaux exposés représentent des silhouettes de personnages féminins purs et stéréotypés, tableaux rythmés d’extraits de l’Opéra du Pauvre de Léo Ferré, œuvre musicale dans laquelle la nuit accusée du meurtre de la Dame Ombre, est amenée devant la justice. Elle devra répondre à ses détracteurs. Philippe Pastor s’intéresse particulièrement à la Dame en noire …. « Qui est cette femme en noir ? Le noir, c'est le crêpe de Chine de la tristesse, Monsieur. C'est le chagrin de ces étoiles mortes depuis quand. Et qui se souviennent de la lumière. C'est le vent qui se lève du coté des bas-fonds… » (extrait de l’Opera du Pauvre de Léo Ferré)

Et quand ce n’est pas une « femme, enchâssée dans son rôle visant à son exploitation commerciale, fétiche et sexuel de l’imaginaire contemporain, apparaissent alors des personnages masculins tous configurés par les symptômes névrotiques de l’argent et du pouvoir.  Les citations ne sont pas un commentaire mais un facteur intrinsèque du personnage exprimé. Toute la narration figurée de Pastor est comme un long récit qui souligne de manière presque obsessionnelle le douloureux non-sens moral d’une existence collective marquée par des automatismes du comportement » (du texte de Duccio Trombadori)

Pastor présente également ses sculptures Les Arbres Brûlés qu’il expose à travers le monde en partenariat avec le Programme des Nations Unies Pour l’Environnement, pour nous sensibiliser aux dommages provoqués par les feux de forêt et à la nécessité de préserver nos ressources naturelles. Mais à travers ses sculptures, l’artiste va au-delà de la prise de conscience environnementale. Le travail de Pastor nous propose de réfléchir sur les violences que l’homme fait subir à la nature mais aussi celles qu’il s’inflige à lui-même. Les morceaux de tôle de voitures accidentées posés sur les troncs noirs sont là pour le rappeler. Ces hommes et ces femmes qui roulent trop vite, dans une Société  qui va toujours plus vite, trop vite, où les individus ne communiquent plus, ne se voient plus…. Ces troncs noirs calcinés sont le reflet d’une société malade, une Société où les individus brûlent leur vie et s’autodétruisent. La participation de chacun est certes essentielle pour changer les attitudes à l’égard des questions environnementales mais il faudrait que l’homme commence à se respecter lui-même pour pouvoir apprécier ce qui l’entoure.

Manuella Ferré présente une série de sculptures en résine polyester ou en bronze. Spécialisée dans l’Art des patines, cela lui permet de transformer une matière brute comme le plâtre ou le bois en la déguisant de manière à lui donner cette apparence d’un magnifique bronze. Elle a toujours été inspirée et attirée voire obsédée par le corps humain, élément fondamental de son travail artistique.

Elle nous présente notamment Safya - visage dont la bouche est clouée, pour représenter le silence imposée aux femmes - est qui rend hommage à Safya Husseini Tungar Fudu, une femme de 30 ans, condamnée selon la législation fondamentaliste du Nigéria à être enterrée vivante jusqu’à la poitrine puis lapidée à mort pour avoir eu un enfant sans être mariée.

Stefano Bombardieri s’intéresse à toute forme d’art passant du monde du design à l’art appliqué.

Ses sujets de création reposent sur une approche philosophique, l’artiste parle de douleur, présente dans la culture occidentale, du temps et de sa perception. Même si son travail repose de plus en plus sur une recherche intérieure de la notion d’esthétique, ses œuvres restent tout de même liées au mouvement hyperréaliste. L’œuvre présentée « Des Exercices de technique japonaise »  exprime le danger de l'extinction des baleines.

Ses sculptures sont tout à fait crédibles, en d’autres termes elles ont une présence absolument réaliste, faites de détails minutieusement rendus, de perfection plastique de la mimésis, d’une complaisance stylistique équilibrée. Et pourtant c’est « leur » vérité elle-même, leur aspect plus vrai que nature qui les rendent surréelles, voire inquiétantes.

Léo Ferré qui a inspiré la dernière série de l’artiste Philippe PASTOR disait « c’est en refusant que nous créons. Refuser mène à la création ; le refus du mot qui aboutirait à l’expression de l’ineffaçable ».

Ainsi, en refusant ce qu’ils voient, ces artistes livrent leur affirmation personnelle et subjective d’une observation du monde. Si cela donne à réfléchir au spectateur, tant mieux. L’art à cet atout de toucher « différemment ».

  Oeuvres présentées (crédits photos Monaco Modern Art)

Stefano BOMBARDIERI

« Des Exercices de technique japonaise »

2007, 200 x 240 cm  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

Le Japon est le premier responsable de l'extermination des baleines.

Sous  prétexte de suivre  un programme de recherche scientifique,chaque année, chaque jour, des centaines de baleines sont tuées.

L’œuvre d’art est une grande boîte, identique à une énorme boîte de sardines à l’intérieur de laquelle trois baleines de 1m80 en miniature sont accrochées à un croc de boucher.

Le dos des baleines est incisé par des rainures précises et profondes, similaires aux monochromes lacérés de Lucio FONTANA intitulés « concept spatial ».

Le soubassement de la sculpture comprend un compteur à voyant rouge évoquant le compte à rebours de la mort de chaque baleine, minute après minute et  un espace pour ces  couteaux tranchants japonais.

Le tout réalisé dans un style japonais parfait, minimal et rigoureux, dans le but de représenter cet étrange contraste entre cette atroce pratique de démembrement des baleines et l’ancienne philosophie raffinée japonaise mettant en rapport étroit l’homme et la nature, un vrai paradoxe.

  

Philippe PASTOR

   

Pastor, La Dame en Noir,

2007, 154 x 104 cm

« Qui est cette femme en noir ?

Le noir, c'est le crêpe de Chine de la tristesse, Monsieur. C'est le chagrin de ces étoiles mortes depuis quand. Et qui se souviennent de la lumière. C'est le vent qui se lève du coté des bas-fonds… » (extrait de l'Opera du Pauvre de Léo Ferré)

   

     Pastor, Général, 2007, 120,5 x 89 cm

personnages masculins configurés par les symptômes névrotiques de l’argent et du pouvoir    

 

              La fin du monde, la nuit je l'emmerde, 2007, 200x 200 cm

 

 

                 

                   Pastor, Mon Général, 2007, 154 x 104 cm

 

 

 

 

Manuella FERRE

Safya

50 X 15 X 15 cm

2007,Bronze,clous.   

LAPIDATION

Du nom latin « lapis » (pierre), donnant le verbe lapidaire, littéralement «  tuer à coups de pierres ». La lapidation est une forme d’exécution, couramment utilisée à l’époque préchrétienne dans tout le Bassin Méditerranéen. Ce supplice est encore pratiqué de  nos jours dans certains pays musulmans.

La lapidation s’applique comme peine capitale dans les cadres suivants : adultère,  blasphème, meurtre et prostitution. Selon les cas, on procède à une défénestration ou à un caillassage jusqu’à  ce que la mort s’ensuive.

La mort par lapidation est un supplice encore pratiqué par certains pays : le Nigéria, l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan, les Emirats Arabes Unis. Des cas de lapidation ont été signalés au Kurdistan irakien et au Népal (commis par la guérilla maoïste népalaise).  

                                                              

 

 

SAFYA HUSSEINI TUNGAR FUDU, UNE FEMME DE 30 ANS, CONDAMNEE SELON LA LEGISLATION FONDAMENTALISTE DU NIGERIA A ETRE ENTERREE VIVANTE JUSQU’A LA POITRINE PUIS LAPIDEE A MORT POUR AVOIR EU UN ENFANT SANS ETRE MARIEE.

"En Travaillant dans mon atelier j’écoute toujours de la musique. Parfois j’allume la radio pour écouter une voix parler... me tenir compagnie, quand j’ai besoin de compagnie...

En 2002, je travaillais en Italie. Cette année- là, un fait divers m’indigna profondément. Le journaliste de la radio évoquait l’histoire d’une Nigérienne appelée Safya. Cette jeune femme est tombée enceinte suite à un viol. Selon la législation de son pays le Nigéria, elle est condamnée à la lapidation pour adultère.

La guerre me choque, la violence d’un homme à l’égard d’un autre me choque, un homme violentant une femme en période de guerre ou non me choque. Un Pays, un Etat, une loi, des hommes et des femmes pratiquant encore au XXIème siècle la condamnation à la lapidation, cela me donne l’envie de dégueuler.

Moi, je vis loin de la guerre et de toutes les atrocités qu’elle engendre : la misère, la souffrance, le non-respect de la valeur humaine et la mort.

Moi, je suis dans mon atelier bien loin de toutes ces réalités macabres. J’ai eu la chance et le privilège de naître dans un Pays où le droit des hommes n’est nullement bafoué et où la plupart de ces habitants ne connaissent pas la signification du mot lapidation.

A partir de ce moment-là, je n’ai pas voulu avoir un sens de culpabilité mais j’ai préféré  rendre hommage  au courage et à la force de SAFYA. Si tu essaies de te défendre dans un pays en guerre, on te tire des pierres par contre une femme debout, qui parle la bouche ouverte dans leur pays, c’est un déshonneur.

A toutes ces femmes à qui leur pays leur met des clous dans la bouche pour qu’elles se taisent, je témoigne mon respect et je l’exprime d’une seule façon à travers mon travail et mes sculptures. Pour que tous ces clous et ces pierres ne fassent plus taire ceux qui ont besoin de gueuler, je gueule avec eux". Manuella Ferré.

Finalement, la pression internationale a empêché l’exécution de Safya. Mais d’autres femmes continuent à être salies, accusées, assassinées parce que ce sont tout simplement des femmes.         

 

Alma

57 X 14 X 12 cm

2007,Bronze   

Demistificazione,

50 X 13 X 12 cm

2007 Bronze

 

 





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