Manuella Ferré est née en 1978 à Monaco.
Elle fait ses études d’Art en Italie à L’Istituto d’Arte Duccio di Boninsegna de Sienne. Ensuite, elle a étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Carrare, ville célèbre pour ses carrières de marbre. Elle utilise toutes les techniques, le choix des matériaux dépend de l’œuvre à réaliser: la pierre, le marbre, l’argile, le plâtre, bronze, le bois. Depuis quelques années, elle est attirée par la résine polyester. Spécialisée dans l’Art des patines, cela lui permet de transformer une matière brute comme le plâtre ou le bois en la déguisant de manière à lui donner cette apparence d’un magnifique bronze. En 2001, elle a suivi des cours de gravure à l’Ecole Supérieure des Beaux-arts de Bruxelles.
Depuis 2004, elle partage sa vie et son travail entre Paris et la Toscane - entre ville et campagne - deux atmosphères où elle puise son inspiration pour réaliser ses sculptures empreintes de tristesse et de mélancolie. Elle a toujours été inspirée et attirée voire obsédée par le corps humain, élément fondamental de son travail artistique. « C’est dans la terre ardente, humaine et crue, dans le plâtre volcanique patiné de rage et de passion, dans la résine stridente du polyester, que se dessine des formes humaines, des traits d’être vivants tantôt rappelant l’image des corps pétrifiés de Pompei, tantôt le combat exemplaire avec le statuaire de Camille Claudel. » (Du texte de Charles Szymkowicz)
En 2005, elle a gagné le prix Georges Coulon (Arts) de la Fondation Coulon - Institut de France.
Depuis 2006, elle a entrepris un travail sur la mémoire, en commençant avec la série des “Porteurs“, masques autoportraits, incrustant à l’intérieur de la résine, des souvenirs de son enfance. Comme fossilisés, ces images - photos, fleurs, dessins, lettres - se fondent dans la matière en un projet: „Mnemonica“, au titre évocateur, lui tenant particulièrement à cœur. Les cris de ses statues masques, effigies, sont des cris muets. Il y a du traumatisme sous roche et, à défaut de larmes, il y a des gouttes de souffrance qui suintent du matériau comme résine du pin blessé. Elle continue à poursuivre son projet sous forme d’installations associant sculptures et vidéos.
Parallèlement, elle produit une œuvre introspective, voire intime, où se mêlent sculptures, gravures et lithographies. C’est la lithographie notamment, qu’elle compte utiliser pour réaliser une série de dessins, qui complétera les sculptures consacrées à la lapidation. Très sensible à ce thème, elle a commencé à l’aborder en 2002, avec sa sculpture Saphya du nom de cette jeune femme nigérienne condamnée à être lapidée et finalement graciée suite aux protestations et à la pression internationale.
Toujours à la recherche de l’adéquation entre les sujets traités et les supports utilisés, elle a choisi la lithographie pour aborder la lapidation dans le but de conférer une dimension rituelle à la création en l’occurrence, utiliser la pierre comme un moyen pour faire entendre la voix des victimes, alors que la lapidation s’en sert comme une arme pour torturer et tuer.
"Manuella a encore beaucoup à extérioriser, puis à nous laisser découvrir d'elle-même, peut-être que le jour où sa combativité prendra le pas sur sa résignation, l'extroversion sur l'introversion, la colère sur la tristesse, on assistera à une explosion de créativité sculpturale sans pareil"(du texte de Giiulio Enrico Pisani).
Depuis 1996, elle participe à de nombreuses expositions ,en Italie, en France, en Belgique et au Japon.
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Alma
57 X 14 X 12 cm
2007, BRONZE
Sur socle de 120 cm |